La Vertu des impondérables - 2020

Critiques : avis d'internautes :

Préalable : J'ai beaucoup hésité avant de balancer ce qui va suivre, à cause de mon histoire d'amour ambiguë, mais histoire d'amour quand même, comme entre "Un homme et une femme" avec Lelouch. Je ne peux m'empêcher de le suivre à la trace, de me dire à chaque film « Cette fois ça y est c'est la bonne année », parce que même au creux de ses pires films se niche presque toujours une scène, parfois juste un plan, qui justifie qu'on ait tenté l'aventure... c'est l'aventure. Avec lui j'ai toujours joué au chat et à la souris, trop souvent à la fin d'une projection je me suis entendu lâcher un... "Tout ça... pour ça !". Mais curieusement deux jours plus tard la même rengaine : "Si c'était à refaire" je le referais. Je n'arrive jamais à me résoudre à ce que "Les Plus belles années d'une vie" d'un cinéaste soient derrière lui, alors inlassablement j'y retourne.

J'ai beaucoup hésité parce que ceux qui ne verront pas ce film (directement diffusé sur C ce samedi) vont probablement me trouver rude, lapidaire, injuste. Les autres, mes compagnons de galère, vont peut-être me juger trop mesuré.

C'est en fait Lelouch lui-même qui m'a décidé à me jeter à l'eau, en déclarant qu'il faut toujours aller au bout de ses intentions, quitte à se vautrer, et surtout en claironnant depuis toujours que le cinéma est pour lui une cour de récréation. Alors il ne m'en voudra pas d'avoir été un sale gosse ce soir.

Tout jeune je fus traumatisé (et la plaie est toujours béante, la preuve je viens de faire sous moi en cherchant le lien et en tombant sur une Regan verte de rage) par "L'Exorciste", et je n'ai analysé que bien plus tard la raison de cette terreur éternelle : je n'en avais pas parlé immédiatement, j'avais laissé le mal faire son nid.

Alors, afin d'éviter que pareille mésaventure ne se reproduise, dorénavant je me confie. A peine le bordel lancé j'ai compris, compris que si je ne partageais pas l'expérience immédiatement, en Live, un nouvel accident "Exorciste" pourrait subvenir. Alors ni une ni deux j'ai pris mon téléphone (Ce qui ne se fait bien entendu pas durant le visionnage d'un film, mais là il y avait cas de force majeure, on parle tout de même de mon intégrité psychologique), et contacté Madame takeshi29.

« Je viens de lancer le nouveau Lelouch. Direct sur Canal, même pas de sortie en salles. J’ai des frissons de gêne après 30 secondes. »

« 30 secondes ? Ou 30 minutes ? » (Ce sont les seuls mots de Madame takeshi29 que je dévoilerai, sa pudeur est infinie)

« Secondes. C’est terrifiant. »

............ « Cette nullité est hypnotisante »

............ « Ah non non, surtout pas, c’est un truc à faire des cauchemars toute la journée, même réveillé, j’ai jamais vu "Plus belle la vie", mais je l’imagine un peu comme ça, sans l'accent mais avec une pincée de terrorisme et de Michel Legrand grabataire en plus. Et en cerise sur le gâteau y’a Steph de la Crotte. Je suis dur, il est à peine plus mauvais que les autres, tous les acteurs jouent comme des saucissons. »

(A cet instant Madame takeshi29 m'a avoué que je lui donnais envie de voir le film, ce qui donne une idée du degré de vice de l'animal.)

............. « Dans Télé 7 jours il y avait un encadré "Si vous avez manqué le début..." pour les films. Je vais le faire, j’en ai besoin pour exorciser : un bal musette avec des crèmes glacées sur pattes qui dansent comme dans La La Machin. Et là t’aperçois le sosie de Mouloud Achour, alors forcément tu te doutes que les 84 minutes qui suivent vont être compliquées. Et là ça fait boum comme chez Michael Bay qui viendrait d’acheter un Nokia 3210... »

« Là y’a Stéphane De Groodt et Marianne Denicourt qui parlent de truites »

(Ici Madame takeshi29 s'est confiée à son tour en m'avouant avoir possédé un 3310 et avoir joué à Snake)

Je sais je sais, nos échanges sont intenses et fusionnels, mais étrangement ils se sont arrêtés là, elle est très certainement passée sous un tunnel (Il est long quand même quand j'y pense), je ne vois pas d'autre explication.

Vous savez quoi ? Lelouch m'a livré un film tout pété, rangé comme ma chambre quand j'avais 14 ans, alors j'en fais de même avec la fin de ma critique. Je vous laisse le brouillon de départ comme ça en vrac, vous y piocherez ce qui vous chante. (C'est beau hein les coulisses d'un brouillon de critique déstructurée ?)

Et puis parce que c'est un punk Claude, il joue avec la chronologie, et tout, et ça se finit par un karaoké qui...

Je rassure les fans, ça tourbillonne

Filmé(e) par CLAUDE LELOUCH (Oui en majuscules par qu'il ne se prend pas pour de la crotte contrairement à Stéphane) et son portable (Ça fait des années que je dis qu'il ne faut jamais mettre de nouvelles technologies dans les mains des personnes âgées. Ouais ouais je vous vois ceux qui secouent la tête en disant « Oh quand même c'est honteux de dire ça », vous êtes bien mignons mais ça se voit que ce n'est pas vous qui servez de hotline à ma mère)

On a toujours dit de Lelouch qu'il passait son temps à chercher, ben là il a trouvé… du pétrole (et le mauvais goût qui va avec)

Je viens de l'entendre faire l'éloge de l'IPhone : « Le portable a une image qui est la plus proche de l'œil humain » (Mais justement Claude c'est pour ça que nous allons au cinéma, pour ne pas voir ce que notre œil voit dans la "vraie" vie, pour voyager à travers le regard d'un chef opérateur. Je vous rassure Claude, l'image de votre film est nette, Apple a fait du bon boulot, mais elle est surtout vide de toute chaleur, de tout rêve.